Ecrit par diane_selwyn le 13/10/2009 - 21h55 - Catégorie : GROS PLAN sur...
Chers lecteurs,
Transition faite du Meilleur du
Cinéma à CELINE CINEMA, me voici fin prête à me lancer dans toutes sortes de
nouvelles aventures, à découvrir encore mille œuvres d’art différentes,
stimulantes, et belles. Premier grand cadeau pour les premiers pas de CELINE
CINEMA : la possibilité de me rendre à Auch, ville que j’ai déjà foulée
pour des raisons non cinématographiques, afin d’y découvrir cette fois des
films en pagaille. Du dernier Tony Gatlif (Liberté) au tout nouveau Gondry
(L’épine dans le cœur), de Gianolli (A l’origine) à Coppola (Tetro) en passant
par Chéreau (Persécution), Dumont (Hadewijch), Ozon (Le Refuge) et Campion
(Bright Star), je vous ramènerai- promis !- tout plein de critiques en
avant-première !!! Voyages en perspective donc, en plein cœur du Gers, qui
passera aussi par la Corée (Une vie toute neuve), l’Australie (Samson et
Delilah, The Proposition) ou l’Iran (Les Chats Persans). Comptes rendus et
billets critiques en ligne dès la fin du marathon !!!
Quelques précisions :
Le Festival
« Indépendance(s) et création » initié par l’association Ciné 32 et
Daniel Toscan du Plantier, affiche toujours une aussi fière allure pour sa
12ème édition. Garant d’une certaine idée du cinéma qui refuse la soumission
aux seuls critères du marché, ce festival sans paillette ni palmarès s’attache
à montrer des films d’aujourd’hui, qui résistent à l’uniformisation et la
domination de l’industrie du divertissement. Conçu pour répondre à la curiosité
des professionnels et spectateurs de tous âges, le « Festival Ciné
32 » affiche une sélection d’une quarantaine de films (fictions,
animation, essais documentaires), en avant-première, accompagnés de leurs
auteurs, comédiens et techniciens pour en débattre. L’occasion de mettre en
valeur la diversité des œuvres, comme autant de parcours d’artistes d’ici et du
monde entier. Préparez-vous à savourer quatre jours d’immersion dans un cinéma
précieux, ouvert et exigeant, à Auch au Théâtre et dans les salles Ciné 32,
ainsi que dans quatorze communes du Gers. Un rendez-vous désormais
incontournable du cinéma d’Art et essai pour les responsables, les animateurs,
les programmateurs de salles et, surtout, les cinéphiles !
Ecrit par diane_selwyn le 08/10/2009 - 15h08 - Catégorie : Principal
Recherche personnalisée
Chers lecteurs,
Voici LE MOTEUR DE RECHERCHE interne au MEILLEUR DU CINEMA. Vous cherchez une critique bien précise d'un film (ou simplement un mot clé) ? Il vous suffit d'y inscrire LE TITRE (EN MAJUSCULES de préférence et suivi du réalisateur pour plus de pertinence) et a priori ça marche! Bonne navigation !!!
Chers lecteurs,
Un peu plus de trois ans sur Allociné m’ont permis de vous
faire connaître mon travail et ma passion. Des problèmes de connexion
récurrents (et irritants) conjugués à une forte envie de changement m’ont décidés
à tourner cette page … pour en ouvrir une autre ! Le temps de transférer
près de 150 critiques des films vus en 2009 et le contenu du MEILLEUR SUR
CINEMA à partir de 2009 sera accessible sur : CELINE CINEMA.
Bien évidemment, mon blog allociné ne disparaîtra pas et
conservera toutes ses critiques jusqu’à ce jour, vous permettant via le moteur
de recherche de retrouver des critiques de films antérieures à l’année 2009. J’espère
que vous serez nombreux à me suivre et à venir me lire désormais ICI. Je
remercie tous les blogueurs, les lecteurs anonymes et Allociné pour ces 3 ans
riches de films et d’émotions qui m’auront permis d’affiner mon écriture, de
progresser et d’apprendre, d’interviewer des gens du métier et d’échanger
autour de ma passion ! Je remercie également toutes les personnes qui m’ont
soutenues et encouragées jusqu’à ce jour.
Ce n’est donc pas un point final (car
il n’y en aura jamais tant que je vivrais !) mais trois points de
suspension … pour mieux vous retrouver ailleurs, dans le changement, le risque,
la nouveauté. Changez vos liens !!! Et à tout de suite sur : CELINE
CINEMA.
Ecrit par diane_selwyn le 11/10/2009 - 19h33 - Catégorie : CRITIQUES
Avec cet indigeste patchwork à la philosophie de bazar, Nicolas Hulot- en plus de filer le bourdon pour (au moins) la semaine qui suit la vision de son film- gagne la Palme du docu écolo le plus fumeux de tous les temps. Là où Al Gore et, dernièrement, Arthus-Bertrand, gardaient dignité dans le désespoir et sérieux dans la démonstration (...)
Ecrit par diane_selwyn le 11/10/2009 - 19h30 - Catégorie : CRITIQUES
Attendez !? Judd Apatow c’est le mec aux commandes de 40 ans toujours puceau et de En cloque mode d’emploi, jolies variations sur le mal-être adulescent ? C’est le gars censé renouveler la comédie US, en mixant l’amer des vérités au sucré des légèretés, le rire aux larmes, le tragique à la drôlerie ? (...)
Ecrit par diane_selwyn le 10/10/2009 - 18h52 - Catégorie : CRITIQUES
Donner la vie, puis, en assumer les conséquences. Voilà en substance ce dont il est question dans le troisième film de Julie Lopes-Curval, plus sobre que son dernier Toi et moi. Les pieds sur terre (avec finesse dans l’écriture et justesse des actrices) mais la tête(...)
A l'occasion de la sortie du Syndrome du Titanic de Nicolas Hulot et à l'heure où tout nous rappelle à la cause pour l'environnement (télés, européennes, chanteurs, cinéastes et prédictions Mayas), voici cette toute nouvelle vidéo où de nombreux artistes (dont notamment Marion Cotillard, Guillaume Canet et Mélanie Laurent) clament sur le Beds are Burning de Midnight Oil qu'il faut agir...avant qu'il ne soit trop tard !
Retrouvez les critiques de la semaine:
Cette semaine:Mères et filles, The Informant, Funny people et Le syndrôme du Titanic sur CELINE CINEMA.
Prochainement:Divorces, Mademoiselle Chambon, The Descent 2...
Ecrit par diane_selwyn le 07/10/2009 - 15h07 - Catégorie : Hauts & Bas
Le Talentueux Matt Damon est à l'affiche cette semaine de The Informant de Soderbergh qu'il retrouve quelques temps après les délires d'Ocean's Eleven, Twelve et Thirteen. Meilleur pote de Ben Affleck, Matt Damon a tout du boy next door, charmant et quelconque, abordable et talentueux. Depuis ses débuts chez Zwick (A l'épreuve du feu), le temps a passé, dévoilant ses nombreuses facettes d'acteurs: de l'avocat idéaliste de Coppola au surdoué de Will Hunting, Damon privilégie les rôles forts, où le personnage a toujours quelque chose à dire et à défendre. Expérimentation chez Van Sant (Gerry), comédie décalée (Dogma), polar noir (Les Joueurs), il touche à tout, aimant tout aussi bien les grosses productions (Jason Bourne) que les plus petites. Depuis sa proclamation d'homme le plus sexy de l'année et sa célébrité montante, Matt Damon est désormais un acteur bankable: il tourne avec Gilliam, les Frères Farrelly et Scorcese, et apparaît aux côtés des De Niro, Angelina Jolie et autres poids lourds du cinéma. Ce qui le différencie des autres, peut-être, c'est cette simplicité qui lui colle à la peau, cette image de mec sympa et tranquille. Des projets comme Syriana ou The Informant, et la création d'une association à but non lucratif, Water.org, dont le but est de développer l'accès à l'eau en Afrique, rappelle qu'avant tout, Damon est un type engagé, toujours désireux de s'éloigner des paillettes d'Hollywood.
Les conseils de Diane_Selwyn
On regarde: Le dernier choc visuel de Park-Chan Wook, Thirst, qui gratte là où ça fait mal: foi, passion, vampires, culpabilité et croyances.
On achète: Le tout nouvel album de Paramore, Brand New Eyes. Pour l'écouter, c'est ICI. Et LA révélation indéfinissable (pointe de rock, soupçon d'électro, pincée de pop, une once de funk) de l'automne: Hockey et son album Mind Chaos, ICI.
On écoute:
Lisa Mitchell - Wonder Codes - Trees dream in algebra Hawk Nelson - Live life loud
On applaudit:Green Day en concert à Toulouse, vendredi dernier. Un show efficace, bien mené et puissant malgré des hé ho un peu trop nombreux et un léger manque d'émotions. Les meilleurs moments: Before the lobotomy, Basketcase, Minority. Le gros regret: l'absence de Wake me up when september ends.
NeWs en VrAc
- Jérôme Seydoux, le patron de Pathé, a lancé jeudi l’idée de décaler la sortie des films au cinéma du mercredi au vendredi. Ses arguments? Pas de match de foot ce soir là, des RTT en pagaille, une fréquentation des salles en hausse et un désir de s'aligner sur le modèle américain.
- Hafsia Herzi accompagnera une Emmanuelle Béart en fin de vie et atteinte du cancer dans Ma compagne de nuit.
- Après Welcome, Philippe Lioret reviendra avec l'adaptation de D'autres vies que la mienne, roman d'Emmanuel Carrère. Il retrouvera, avec ce film, Vincent Lindon.
- Roger Avary, scénariste de Pulp Fiction vient d'écoper d'un an de prison pour conduite en état d'ivresse et homicide involontaire.
- La folie Mickael Jackson continue: 2000 places pour le film This is it! se sont écoulées en France en quelques heures. Au Japon, on parle déjà de plus d'1 million de dollars de recettes de prévente enregistrées et que des centaines de séances sont déjà complètes partout aux Etats-Unis. On rappelle que le film sort le 28 octobre prochain et qu'il restera en salles pendant une durée de deux semaines.
- Jessica Alba fera parti du casting de Little Fockers, troisième volet de la franchise Mon beau père et moi, conduite par Robert de Niro et Ben Stiller.
- François-Xavier Demaison et Virginie Efira seront partenaires dans La Chance de ma vie, une comédie romantique signée Nicolas Cuche.
- Trois nouvelles affiches de New Moon ont été dévoilées cette semaine: les Cullen d'abord, les Quilleutes ensuite, les Volturi enfin.
- Untroisième titre de la B.O de New Moon (après ceux de Muse et de Death Cab for Cutie) vient d'être dévoilé. Il s'agit de la chanson Satellite Heart d'Anya Marina. On l'écoute ICI. D'ailleurs, concernant la B.O, chaque pays aura SA chanson bonus. En France, il s'agira des BB Brunes. Sans commentaire.
- Côté projets pour les deux stars du film: Kristen Stewart aurait été approchée par James Woods pour son prochain film American Girl, et Robert pourrait bien incarner le Prince Harry au cinéma (il est d'ailleurs en concurrence avec Rupert Grint...d'Harry Potter).
- Sur demande du réalisateur Michael Moore, son film Capitalism : a love story est gratuit pour les sans-abris aux Etats-Unis.
Côté BOX OFFICE, c'est la comédie sentimentale La Proposition qui se place en tête cette semaine avec plus de 300 000 entrées. En seconde position, L'Affaire Farewell (+ de 250 000) démarre plutôt fort. District 9 ferme le podium et continue de marcher en salles (700 000 spectateurs déjà). Petites déceptions pour les bons Le Dernier pour la route (110 000), Hotel Woodstock (78 000) et Démineurs (87 000). Meilleur démarrage pour Le Petit Nicolas qui écrase ses concurrents. Suivent 500 jours ensemble en deuxième place, et The Informant en numéro trois.
On termine avec l'amusante publicité tournée par Alyson Hannigan, Emily Deschanel, Minka Kelly, Jaime King et Katharine McPhee. La forme est drôle, le fond plus sérieux puisqu'il s'agit d'une campagne pour la lutte contre le cancer du sein. L'accroche? "Touchez un sein, sauvez un sein. Examinez vos seins tous les mois... mais faites attention aux paparazzi."
Ecrit par diane_selwyn le 07/10/2009 - 14h28 - Catégorie : CRITIQUES
L'HISTOIRE
Sur plus de vingt ans et d'un continent à l'autre, Mary et Max raconte l'histoire d'une relation épistolaire entre deux personnes très différentes : Mary Dinkle, une fillette de 8 ans joufflue et solitaire, vivant dans la banlieue de Melbourne, en Australie, et Max Horowitz, un juif obèse de 44 ans, atteint du syndrome d'Asperger et habitant dans la jungle urbaine de New York.
MA CRITIQUE
La bonne humeur et la légèreté du duo Wallace & Gromit n'a d'égale que la déprime et la profondeur de Mary & Max, la pâte à modeler toujours aussi sublimement mise au service des émotions. Ici, beaucoup d'innovations au programme: déjà, l'atmosphère singulière, naviguant constamment entre naïveté enfantine de l'enfant et désespoir aigu de l'adulte, grand air australien et prison urbaine new-yorkaise, désir d'amour et de partage et immensité de la solitude. Ensuite, une narration exquise, musicalisée par les échanges épistolaires comme autant de bons mots qui posent leur grâce sur l'intrigue et les thématiques (l'amitié, l'exclusion, l'espoir, le courage, la maladie) et dont les trois voix (narrateur, homme et jeune fille) se répondent dans une partition tour à tour drôle, étrange, dépressive, étonnante.
Enfin, une noirceur inattendue dans le paysage d'animation, qui ne martèle aucunement niaiseries et bons sentiments mais ose parler de la vie dans ce qu'elle a de plus triste: l'isolement qui découle de la différence, la difficulté à grandir dans un monde que l'on ne comprend pas; et aussi de plus beau: les rencontres, les échanges amicaux, la confiance et les surprises qu'elle réserve. Mary et Max ne se croisent pas avant la fin, mais leurs deux existences- intimement et brillamment mêlées- deviennent chacune la moitié d'un coeur qui bat, l'un pour l'autre, jamais l'un sans l'autre, et transforment l'oeuvre en une belle et unique, atypique et désespérée histoire d'amour.
Ecrit par diane_selwyn le 04/10/2009 - 23h10 - Catégorie : CRITIQUES
L'HISTOIRE
Tom croit encore en un amour qui transfigure, un amour à la destinée cosmique, un coup de foudre unique. Ce qui n'est pas du tout le cas de Summer. Cela n'empêche pourtant pas Tom de partir à sa conquête, armé de toute sa force et de tout son courage, tel un Don Quichotte des temps modernes. La foudre tombe le premier jour, quand Tom rencontre Summer la nouvelle secrétaire de son patron, une belle jeune fille enjouée.
Au 31ème jour, les choses avancent, lentement. Le 32ème jour, Tom est irrémédiablement conquis, pris dans le tourbillon étourdissant d'une vie avec Summer. 185 jours après leur rencontre, la situation est de plus en plus incertaine mais pas sans espoir...
MA CRITIQUE
500 Days of Summer peut se voir comme l'équivalent américain du français Jusqu'à toi: bande son agréable, acteurs charmants, légèreté teintée de questions existentielles (l'amour existe-il vraiment ou n'est-il que le produit combiné de notre imagination et des fantasmes nourris aux pop songs, films romantiques et autres?) et vrai plaisir de mise en scène. En ce sens, il est autant réussi que lui et fourmille d'idées toutes aussi originales que séduisantes. Ainsi, avec ses split screens hilarants (les attentes/la réalité est un must du genre!), son humour à foison (les mêmes scènes vues sous deux angles différents- amour versus haine), et son non-conformisme à tous les étages, le film s'éloigne des comédies sentimentales habituelles prévenant d'emblée le spectateur: ici, pas d'histoire d'amour, mais plutôt celle d'une rencontre, avec tout ce qu'elle comporte de magie, de malentendus et de maladresse.
Les retours dans le temps, ludiques et aériens, permettent une distanciation et un cynisme bienvenus: la fin d'une rupture annoncée comme un évident pied de nez aux productions mielleuses, le scénario prenant à l'inverse les schémas heureux coutumiers. Sauf qu'à l'instar du film de Jennifer Devoldere, 500 jours ensemble se fait hara kiri avant la fin: malgré les déceptions et les prises de conscience (l'amour ne se trouve jamais là où l'attend, là où l'on croit qu'il se trouve), Cupidon balance tout de même, in fine, ses flèches en plein coeur car destin il y a, amour aussi, bonheur encore, et tout le tintouin. Marc Webb a juste eu (et cela n'enlève rien au charme diffus de son oeuvre) la décence de ne pas nous le montrer.
Ecrit par diane_selwyn le 03/10/2009 - 18h41 - Catégorie : CRITIQUES
L'HISTOIRE
Sang-hyun est un jeune prêtre coréen, aimé et respecté. Contre l'avis de sa hiérarchie, il se porte volontaire pour tester en Afrique un vaccin expérimental contre un nouveau virus mortel. Comme les autres cobayes, il succombe à la maladie mais une transfusion sanguine d'origine inconnue le ramène à la vie. De retour en Corée, il commence à subir d'étranges mutations physiques et psychologiques : le prêtre est devenu vampire. Mais la nouvelle de sa guérison miraculeuse attire des pélerins malades qui espèrent bénéficier de sa grâce. Parmi eux, Sang-hyun retrouve un ami d'enfance qui vit avec sa mère et son épouse, Tae-Ju. Il succombe alors à la violente attirance charnelle qu'il éprouve pour la jeune femme...
MA CRITIQUE
Il n'y avait que le décalé Park-Chan Wook pour revisiter la trame de Thérèse Raquin de Zola avec autant de fougue et de passion ! Faisant preuve d'un érotisme violent, sanglant, esthétiquement réjouissant, entre romantisme vampirique et délire gore, le cinéaste étreint avec démesure les thèmes troublants du récit, interrogeant au passage le rapport des êtres au désir et au plaisir. La chair- d'abord contrôlée puis incontrôlable- devient ennemie de la raison et de la religion, l'appétit et la soif insatiable de l'autre (formidable parabole sur la destruction amoureuse et la dévoration- littérale- du bien-aimé) excluant du vrai monde, par des excès rageurs, salvateurs, concupiscents. Cette virulence des thèmes est retranscrite à l'écran avec fureur et intempérance, au milieu des corps mutilés par ce trop plein d'envies (de sang, de corps, de possession).
Poussant jusqu'à l'absurde et la drôlerie la plus totale son fil conducteur (la passion contre toute foi), Park-Chan Wook inonde la pellicule de son venin: désespéré et innovateur, se moquant, dénonçant et titillant le cinéma tiède et bien-pensant. Ici, le vampire- meurtrier, pécheur, corrupteur- est un prêtre, et, même lorsque remords et culpabilité viennent hanter le couple simultanément prédateurs (de sang) et proies (des tourments divins), le film ose encore marcher sur les braises de l'audace et de l'impertinence, ne sacrifiant jamais son culot et bravant sans peur les codes et poncifs du genre. Jusqu'au sacrifice final qui termine en paradoxe (les démons terrifiants de la culpabilité sont-ils si effrayants à assumer? L'amour fou, devenu poison, ne peut-il pour durer que finir en cendres? Parle-t-on de suicidés ou de véritables "martyrs de Satan"?) une oeuvre belle et dégoûtante, partagée entre colère des coeurs- avec remise en question totale de Dieu, de l'Eglise et de la mort- et hystérie des corps- avec besoin frénétique et charnel du partenaire, quitte à le ressusciter d'entre les morts. Avec le suédois Morse, c'est une deuxième paire de claques infligée à ceux qui pensaient voir le mythe des vampires enterré, entre sophistication chaste des Twilight et vulgarisation américaine des Underworld.
Ecrit par diane_selwyn le 02/10/2009 - 17h50 - Catégorie : CRITIQUES
L'HISTOIRE
Notre identité est un vêtement dont notre enfance a dessiné les coutures. La présence de ceux qui nous ont élevés, nos parents, a été fondatrice de ce que nous sommes. Mais que se passe-t-il quand il s'agit d'absence ? C'est une des questions posées par notre histoire.
Entre 7 et 20 ans, Thomas a recherché Julie, sa mère biologique. A l'insu de ses parents adoptifs, il va retrouver cette femme qui l'a abandonné à 4 ans et commencer auprès d'elle une "double vie". Mais "qui a deux maisons perd la raison..." dit le proverbe.
MA CRITIQUE
Thomas est en vrac, esquinté, en morceaux, identitairement éparpillé entre son passé et son présent, sa mère adoptive et sa mère biologique, ses deux familles- de coeur et de corps. Judicieusement, le récit aussi s'éclate en parcelles de vie: l'avant abandon, les quelques moments clés- bouts de puzzle de toute une personnalité d'homme- et l'après, les retrouvailles, glaciales, étranges, profondément dévastatrices. Miller père & fils se questionnent sur le rapport du petit garçon avec sa mère, préférant l'intériorisation des maux à l'explicitation du sentiment et livrant pour le coup un film immensément froid lorsque se mêle sexualité oedipienne mal digérée, traumatismes d'autrefois et d'aujourd'hui sur la perte du père et désir inconscient de meurtre.
Si les deux cinéastes se servent admirablement bien de leurs comédiens (épatants Vincent Rothiers, Sophie Cattani et Christine Citti), ils perdent sur la route du psychologique à outrance la chaleur des débuts et les ouvertures passionnantes du sujet (l'adoption, les conséquences sur chacun, l'aspect émotionnel). Avec son intrigue trop resserrée et son intensité peu palpable lorsque surgit le drame (au milieu d'une tension sexuelle mal exploitée), le film n'est alors- un peu comme L'adversaire de Nicole Garcia à qui l'on pense souvent ici sans trop savoir pourquoi- que simple figuration du fait divers d'origine, et non pas (ce qui au demeurant aurait été plus intéressant) universalisation des thématiques de base.
Ecrit par diane_selwyn le 01/10/2009 - 23h22 - Catégorie : CRITIQUES
L'HISTOIRE
31 décembre 1990. L'ultimatum lancé par l'Onu à l'Irak expire dans quinze jours : si Saddam Hussein n'évacue pas le Koweït, les Alliés disposeront d'un mandat pour utiliser la force. Dans les salles de rédaction occidentales, on parle d'une troisième guerre mondiale.Luisa, 23 ans, franco-italienne, est étudiante en histoire antique à la faculté de Jérusalem. Nathanaël, jeune peintre français, subvient à ses besoins en travaillant comme vigile à Jérusalem-Est. Leur relation, violente et complexe, est sur le mode "ni avec toi, ni sans toi".
MA CRITIQUE
Il y a deux guerres dans ce film: la première, la grande, celle de l'Histoire, la guerre du Golfe qui éclate au début des années 90; puis, la seconde, au sein d'un couple qui s'étouffe. Deux guerres qui se répondent, en écho, imprégnant le récit de l'ultimatum titre, soit le choix décisif entre la vie et la mort, celui que l'on se voit imposer par des puissances dominantes, et celui sur qui l'on possède encore un peu de prise. L'amour dominateur (le film, à l'origine, devait d'ailleurs s'appeler La Loi du plus fort), destructeur et malade, en parallèle d'un plus grand conflit: voilà l'idée originale du long métrage d'Alain Tasma, teinté d'un pessimisme sourd et paradoxal, en témoigne l'austérité oppressante de l'ensemble alors qu'il n'est question que de force vitale que l'on poursuit, et de nécessaire survie au sein du drame.
Ce bébé, symbole lumineux de la naissance au milieu des morts et des menaces d'extinction (car "il n'y a rien de plus important que la lumière" dixit un des personnages), est alors l'image parfaite de ce que tente de faire jaillir le scénario: la flamme ardente de la vie lorsque l'obscurité se fait massue, désespoir et anéantissement. Poursuivant ce leitmotiv, comme la seule issue possible à l'absurdité d'une existence dictée par l'Autre, le film- porté par des interprètes convaincants (duo ombre et lumière Ulliel/Trinca)- demeure cohérent dans sa démonstration, défendant ardemment la puissance motrice de l'espoir contre la noirceur des oppositions et de la lutte (amoureuse ou politique), quitte à finir poétiquement sur une déclaration d'amour à l'existence, les missiles devenus pour un soir des étoiles filantes.
Ecrit par diane_selwyn le 30/09/2009 - 21h39 - Catégorie : CRITIQUES
"Mieux vaut une fin amère qu'une amertume sans fin."
L'HISTOIRE
Un groupe d'amis étudiants passe des vacances dans une vaste demeure au bord de la mer Caspienne. Sepideh, qui s'est occupée de l'organisation, a décidé d'inviter Elly, en espérant que celle-ci ne soit pas indifférente au charme de son ami Ahmad, qui sort tout juste d'une rupture. Les vacances se passent dans la bonne humeur, jusqu'à la soudaine disparition d'Elly...
MA CRITIQUE
Elly disparaît et c'est les vérités qui jaillissent du mensonge, c'est l'absence qui se fait révélatrice, c'est l'allégorie qui surgit des vagues déchaînées. Asghar Farhadi nous entraîne en plein paradoxe (la perte d'un individu qui déconstruit le groupe, le mensonger qui fait éclater le vrai) pour offrir une réflexion intéressante sur la société iranienne, et plus généralement, sur ce qui se cache derrière les apparences. Car lorsque les sourires de retrouvailles et de bonhomies deviennent grimaces de peur et de terreur, lorsque la légèreté initiale se craquèle en laissant place au drame, comme autant de masques sur les visages- les considérations se font plus noires et brutales: critique de la condition de la femme en Iran (avec machisme encore profondément ancré dans les mentalités), dénonciation de la pression du groupe, remise en question d'une morale fixe et établie comme seul envisageable.
Beau titre donc que ce A propos d'Elly puisque le cinéaste ne parle finalement que des autres, que de ses personnages qui gravitent autour de l'absente (la morte?) caressant deux niveaux de lecture, parfois jusqu'à l'absurdité comique: l'histoire en elle-même surplombée par un suspense implacable et une tension qui va crescendo; et, l'approche conceptuelle de l'humanité et de la société de son pays. Ou comment chacun s'arrange avec les faits, comment la vérité n'a plus d'importance lorsqu'il est question de pouvoir, que ce soit entre amis, entre femmes, ou au sein du couple. Elly symbolisant alors ces petits arrangements faits entre soi et soi, avec sa conscience, au milieu des belles excuses, tous capables de tout pour fuir culpabilité, responsabilité et atrocité du réel.
Zooey Deschanel, c'est la prof de musique dans Le secret de Terabithia et la fille un peu barj' de Yes Man. C'est aussi une des actrices de Presque Célèbre, et cette semaine, la muse de Joseph Gordon-Levitt dans 500 jours ensemble. Ce n'est pas un hasard puisque l'actrice est avant tout chanteuse, un des membres du groupe She & Him aux compositions aussi tranquilles que convaincantes. Une touche-à-tout talentueuse que l'on prend plaisir à entendre sur cette vidéo-clip du film500 jours ensemble. Rendez-vous donc dans les salles pour découvrir ce qui s'annonce comme le petit bijou indé de cette fin d'année.
Retrouvez les critiques de la semaine:
Prochainement:L'affaire Farewell, A propos d'Elly, 500 jours ensemble, The Informant, Mary & Max, Je suis heureux que ma mère soit vivante, Thirst, ceci est mon sang, Ultimatum.
Ecrit par diane_selwyn le 29/09/2009 - 19h41 - Catégorie : Hauts & Bas
Londres, source inépuisable d'inspiration pour les cinéastes, aux mille aspects dévoilés, sublimés, utilisés, au service de tous les drames, de tous les polars, de toutes les histoires d'amour. Romance londonienne classe d'un côté pour Last chance for love, qui dévoile toute la tenue d'une ville chic, au panache indiscutable, romance colorée de l'autre en plein coeur du quartier de Nothing Hill (Coup de foudre à Nothing Hill) de l'autre, reflet d'une âme également légère, aérienne. Amour encore (Love et ses petits désastres), amour toujours (Love actually), Londres, de Bridget Jones à Woody Allen (Scoop, Match Point) en passant par Minghella et son Par effraction, demeure la ville de toutes les passions. A contrario, Irina Palm ou Obscénité et vertu de Madonna rappellent son côté sombre, ses solitudes qui s'entrecroisent, la dépeignant comme elle se montre aussi parfois: dure, cruelle, austère. Ville de toutes les perditions, à la fois apparente alternative salvatrice et nouvelle prison des coeurs et des corps (The Mother, The Hours). Toute sa noirceur se retrouve alors dans de nombreux polars (Espion(s)), Layer Cake, Arnaques, crimes et botanique), ou dans les pires visions apocalyptiques de fin du monde (Les Fils de l'homme, V pour Vendetta, Le Règne du feu), les réalisateurs se servant de ses obscurités, angles et ténèbres pour y inscrire leurs visions de l'horreur, gothique (From Hell, Sweeney Todd, Le Loup garou de Londres), moderne (récemment les 28 jours et semaines plus tard) ou teintée de comique (Shaun of the dead). Quoi qu'il en soit, Londres s'impose, à l'instar de Paris ou New-York, comme un personnage de cinéma à part entière, tour à tour belle, maléfique, effrayante, et sublime.
On achète: La dissertation oppressante de John Patrick Shanley sur le Doute.
On écoute:
Mélanie Pain - My name (découverte coup de coeur !!! ... sublime Bruises) Mickey 3D - La Grande Evasion (raaah Playmobil !!!) 49 swimming pools - Triumphs and disasters, rewards and fairytales
On applaudit:Emily Loizeau en live à Auch qui livre un concert intimiste reprenant la plupart des titres de son Pays Sauvage (et seulement- dommage- un seul titre de son premier album). Son Coconut Madam, mille fois meilleur que la version CD, côtoie de sublimes reprises (Take this waltz de Leonard Cohen et Don't let me be misunderstood de Nina Simone), dans un décor de lumières vives et de jeux d'ombres (sur La Dernière pluie notamment). L'ambiance est bonne, calme, Emily plaisante, surprend par une énergie monstre là où l'on la pensait plus mélancolique, et la complicité avec ses musiciens se fait sentir. Elle se fait ovationner, rappeler, et offre trois dernières chansons avant de disparaître derrière la scène, dont un Sweet dreams a cappella, impressionnant et ludique, qui prouve- si besoin était- toute la beauté, la force et la puissance de sa voix. Et, pour l'info, elle vient d'ailleurs tout juste de collaborer au nouveau single de Michael Clement: Bubble gum, que l'on peut écouter ICI.
NeWs en VrAc
- Vous pouvez lire ma critique de District 9 dans les Inrocks cette semaine ainsi qu'un extrait de ma critique de Partir de Catherine Corsini dans le courrier des lecteurs du Studio/Ciné Live de ce mois-ci.
- Sous le coup d'un mandat depuis plus de 30 ans, Roman Polanski a été arrêté samedi à Zürich où il venait recevoir un prix. Il est accusé d'avoir eu des relations sexuelles avec une mineure. Son prochain film The Ghost, dont la post-production n'est pas encore achevée, est compromis.
- J’ai tué ma mère de Xavier Dolan sera le candidat canadien aux Oscars.
- Nouvelle rumeur: Charlize Theron aurait auditionné pour le rôle de Catwoman dans le prochain Batman.
- Andrew Niccol (Bienvenue à Gattaca, Lord of War) va adapter The Host de Stephenie Meyer (la saga Twilight), ou l'histoire d'amour entre une humaine et un alien.
- Mickey Rourke va incarner The Ice Man, tueur à gages américain qui a travaillé durant trente ans pour le compte de mafieux italo-américains.
- David Cronenberg souhaiterait réaliser un remake de son propre film, La Mouche.
- Neve Campbell va finalement rempiler dans Scream 4. On ne sait toujours pas si Wes Craven se tiendra une nouvelle fois derrière la caméra.
- Joss Whedon a annoncé que les aventures de Buffy se poursuivront avec une 9ème saison toujours en comics. A noter que le 5ème tome Prédateurs et proies sortira en France le 25 novembre prochain.
- Les fans de Twilight ont rendez-vous le 30 octobre à Paris pour une convention autour de la saga écrite par Stephenie Meyer.
- Les Regrets de Cédric Kahn est en compétition au 4e Festival de Rome, présidé par Milos Forman.
- Avatar n'est pas encore sorti mais une suite sera déjà envisagée.
- Miley Cyrus rejoint le casting de Sex & the city 2.
Côté BOX OFFICE, les extraterrestres de District 9 sont les premiers à détrôner les Basterds de Tarantino en plusieurs semaines avec leurs 473 000 entrées en une semaine. A la seconde place, Neuilly sa mère! poursuit sa course vers le succès flirtant désormais avec les deux millions de spectateurs. Inglorious Basterds, lui, n'occupe plus que la troisième place avec ses 2.5 millions de fans. Million bientôt atteint pour le Prophète d'Audiard et bon score pour le Coach (461 000 en deux semaines). Déceptions pour Ma vie pour la tienne (même pas 100 000 en deux semaines), Les Regrets (180 000 en trois semaines) et Julie & Julia (130 000 à peine sur plus de 200 copies). Meilleur démarrage pour le français L'Affaire Farewell, avec Guillaume Canet et Emir Kusturica, qui se place juste devant La Proposition et Démineurs.
On termine avec la très belle bande annonce du nouveau film de Stéphane Brizé (Je ne suis pas là pour être aimé), Mademoiselle Chambon, qui met en scène l'histoire d'amour entre une institutrice et un maçon. Subtile, intense, émouvante. Très prometteur tout ça !
Ecrit par diane_selwyn le 27/09/2009 - 21h17 - Catégorie : CRITIQUES
L'HISTOIRE
Hervé, patron d'une agence de presse, décide d'en finir avec l'alcool. Loin de tout et grâce aux autres, il parvient à combattre sa dépendance, en repartant vers une nouvelle vie...
MA CRITIQUE
De l'ivresse qui console à la dépendance qui isole, il n'y a qu'un pas. Hervé Chabalier, ancien reporter au Nouvel Obs (et auteur du livre adapté ici), le sait aussi bien que François Cluzet (qui l'interprète avec pudeur, force et intensité...un César en 2010?), connaissant les pentes vertigineuses où mène ce traître splendide qu'est l'alcool. Quasiment personne (sauf Campan, qui a répondu à l'appel!) n'avait osé se frotter à ce sujet au cinéma, thématique difficile à aborder sans éviter les écueils un peu misérabilistes auxquels on peut s'attendre. Pour le coup, le film de Godeau réussit un vrai coup de maître, offrant un bel instantané de groupe où les plaies ne parviennent à cicatriser qu'au contact de celles des autres.
L'aspect premier est assez austère, frôle parfois le documentaire (notamment lors des réunions du début) pour finalement s'ouvrir lentement à l'instar du protagoniste principal, révélant fêlures et combats intérieurs, et se reposant presque uniquement sur une sobriété d'interprétation hallucinante (Mélanie Thierry en tête, qui n'a plus rien à prouver depuis Pardonnez-moi et Ecorchés) et une mise en scène délicate. Sous forme de flashback, on y distingue la chute, puis- au milieu des silences d'introspection et des rages vomies au visage du dégoût (des autres, de soi même, de l'existence)- une certaine forme de renaissance, l'abandon du frénétique d'autrefois pour la quiétude du lendemain. Cette mer (cette eau!), calme et majestueuse, sur laquelle Hervé se laisse finalement voguer symbolise alors tout à la fois l'immensité des larmes versées et la paix retrouvée, l'amertume d'hier derrière soi et la confiance en l'avenir pour seul horizon.
Ecrit par diane_selwyn le 27/09/2009 - 11h44 - Catégorie : CRITIQUES
L'HISTOIRE
Bagdad. Le lieutenant James est à la tête de la meilleure unité de déminage de l'US Army. Leur mission : désamorcer des bombes dans des quartiers civils ou des théâtres de guerre, au péril de leur vie, alors que la situation locale est encore... explosive.
MA CRITIQUE
Kathryn Bigelow a toujours planté sa caméra dans des univers très masculins, très à l'aise pour dépeindre les débordements de testostérone et les atmosphères de mecs. De Point Break aux Frontières de l'aube, son cinéma est aussi efficace que viril, d'un regard clair et posé sur les hommes, chose surprenante pour une femme. Ce Démineurs ci n'échappe pas à la règle puisqu'elle suit cette fois le quotidien sous haute tension de soldats démineurs envoyés en Irak. La chaleur de Bagdad, les déserts étouffants, le boulot minutieux et à risque, et la menace constante de bombes et d'explosions font de son oeuvre une épreuve pour les nerfs, tendue et angoissante, comme un véritable film d'horreur en mode réel, teinté d'un engagement politique, anti-conflit, exposant- comme le faisait Dans la vallée d'Elah- les conséquences désastreuses de la guerre sur certains.
En instaurant un intérêt esthétique à un sujet peu cinématographique (comme ces pierres se soulevant du sol au ralenti), elle pose les bonnes questions, sans toutefois donner de réponse, constatant l'absurdité des affrontements, leur terrible violence et effets désastreux sur les psychologies des soldats, produits d'une société de consommation toute aussi bête et méchante (voir le rayon infini des céréales) qui ne valorise pas assez ses hommes sur le terrain de la réalité, au point qu'ils en viennent à croire n'être quelqu'un que sur terrain miné et dangereux, loin du silence des supermarchés et des cris de leurs mômes. Cette fracture s'impose alors en constat amer sur les dysfonctionnements d'une Amérique belliqueuse, qui pourrit en son sein ses propres mentalités. Bigelow affirme cela avec grand courage, ne lâchant jamais la tension, pourtant fortement handicapée par le schéma répétitif et rébarbatif (mission/danger/repos) mis en place par le film.
Ecrit par diane_selwyn le 26/09/2009 - 18h34 - Catégorie : CRITIQUES
L'HISTOIRE
1969. Elliot, décorateur d'intérieur à Greenwich Village, traverse une mauvaise passe et doit retourner vivre chez ses parents, dans le nord de l'État de New York, où il tente de reprendre en mains la gestion de leur motel délabré. Menacé de saisie, le père d'Elliot veut incendier le bâtiment sans même en avoir payé l'assurance alors qu'Elliot se demande encore comment il va enfin pouvoir annoncer qu'il est gay...Alors que la situation est tout simplement catastrophique, il apprend qu'une bourgade voisine refuse finalement d'accueillir un festival de musique hippie. Voyant là une opportunité inespérée, Elliot appelle les producteurs. Trois semaines plus tard, 500000 personnes envahissent le champ de son voisin et Elliot se retrouve embarqué dans l'aventure qui va changer pour toujours sa vie et celle de toute une génération.
MA CRITIQUE
Plutôt que de se lancer dans une reconstitution du concert mythique de 1969, Ang Lee préfère ici s'attarder sur un seul personnage, Elliot, dont les silences et frustrations n'ont d'égales que la démesure et la liberté revendiquées de l'évènement. Logique donc que la grande histoire hippie se mêle à la petite, celle d'un jeune homme- paumé, gay, écrasé par ses soi-disant responsabilités familiales, et (surtout) pris dans l'étau de son manque d'audace. Woodstock, en parfait déclencheur, s'impose alors en révélateur des possibles, dégage l'horizon de ses obstacles et barrières (sociales, éthiques, psychologiques) pour offrir à ce mec- symbolisant à lui seul la peur de l'avenir, la trouille de s'affranchir seul, et de laisser, derrière soi, parents, certitudes et tranquillité- un bout de sa liberté collective, clamée haut et fort au milieu des champs, des drogues et de l'état d'esprit de l'époque (peace, love, sex & grass).
Alors, bien sûr, on entend bien au loin le rock déchaîné des idoles sixtieset, parfois, la caméra se ballade parmi les revendications (anti-guerre, féministes, amour de la communauté) baba cool du moment, mais l'essentiel est ailleurs: dans cet espoir permis, là, à cet instant, où trips délirants et désirs d'avenir pouvaient se conjuguer harmonieusement, et où inconséquence de la jeunesse et participation dans une politique d'espérance commune se mariaient devant l'autel des idéaux. Et maintenant? s'interroge un des personnages à la fin. Réplique poignante et innocente d'une oeuvre généreuse et tranquille qui dévoile à rebours la vérité sur ces trois jours de quiétude et de bonheur: ce n'était pas un commencement mais bien une fin en soi, la fin de toutes aspirations.
Ecrit par diane_selwyn le 24/09/2009 - 21h49 - Catégorie : CRITIQUES
L'HISTOIRE
Lorsque Margaret, une très puissante éditrice, est menacée d'être expulsée vers son pays natal, le Canada, elle imagine une solution d'urgence et déclare qu'elle est fiancée à son assistant, le malheureux Andrew, qu'elle exploite et maltraite depuis des années. Celui-ci accepte de participer à la supercherie, mais à ses conditions...
MA CRITIQUE
L'année dernière, Anne Fletcher signait déjà une comédie romantique semblable en de nombreux points à cette nouvelle Proposition dans le genre: une héroïne déçue de la vie (mais qui ne demande, au fond, qu'à être aimée), un schéma classique mais une maîtrise indéniable des codes, et, un arrière-fond familial qui décrypte les relations houleuses au sein du foyer (deux soeurs dans 27 Robes, un père et son fils ici). Elle récidive donc sans grande originalité, posant son regard sur des personnages stéréotypés, vus et revus des milliers de fois au cinéma, à savoir la patronne rigide qui cache sous sa carapace une âme de princesse et un bellâtre innocent au sens de l'honneur implacable.
Le truc en plus? Indéniablement Sandra Bullock, à l'aise dans ce qui restera (malgré des tentatives touchantes dans le registre dramatique) son terrain de jeu favori, où elle demeure talentueuse et crédible, drôle et émouvante, en pays conquis, reine de la danse. De L'amour sans préavis à l'Amour à tout prix, d'Un vent de folie au Temps d'aimer, elle grave de son empreinte la comédie sentimentale, plus endurante qu'une Meg Ryan en chute libre, jadis belle concurrente. C'est donc un réel plaisir de la voir se démener durant près de deux heures pour épicer quelque peu une recette mille fois cuisinée avant, et y insuffler avec brio le petit plus qui rend la sauce plus douce, familière mais toujours aussi convaincante. D'un déhanché amusant autour d'un feu en forêt au sacrifice hilarant du chien familial, elle excelle de bout en bout, rayon de soleil en plein (et banal) blizzard scénaristique.
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